Interview de Guillaume, expert en communication interpersonnelle

Interview de Guillaume, expert en communication interpersonnelle

1. La communication interpersonnelle, qu’est-ce que c’est ? 

Guillaume, pouvez-vous nous en dire plus sur vous ?

J’ai été journaliste radio pendant de nombreuses années à Paris, puis présentateur télé pour Canal +. Je suis ensuite parti de Paris pour vivre à Annecy où j’ai commencé à créer de manière indépendante, du contenu digital engagé, notamment l’Oreille de Tatu, diffusé sur les réseaux sociaux.  Ce sont des vidéos qui décryptent des sujets d’actualité. J’ai poursuivi en tant que journaliste engagé pour le journal indépendant Le Faucigny, et me voilà aujourd’hui élu Maire adjoint chargé de la jeunesse auprès du maire écologiste François Astorg.

Qu’est-ce que la communication interpersonnelle ?

On peut parler de communication interpersonnelle lorsqu’une interaction se crée entre deux personnes. La clé pour une bonne communication, c’est surtout une bonne connaissance de soi pour avoir une meilleure compréhension de l’échange et de l’autre et ainsi établir un lien constructif. 

Comment t’es-tu intéressé à la communication interpersonnelle finalement ? 

En tant que présentateur, j’ai appris pas mal de choses sur la communication interpersonnelle. Plusieurs personnes sont venues me voir pour me demander de les aider à prendre la parole en public. J'ai alors commencé à former des acteurs de la vie associative, puis ensuite politique en ayant développé mes connaissances sur le sujet.

2. Mieux communiquer grâce à la communication non verbale

Quel est le lien entre la communication interpersonnelle et la programmation neuro-linguistique ? 

Selon les préceptes de la programmation neuro-linguistique, notre cerveau est un programme d’ordinateur qui est constitué d’expériences et de vérités construits au fur et à mesure de notre existence. Nous nous construisons donc sur ce schéma. La programmation neuro-linguistique permet de reprogrammer notre cerveau pour mieux comprendre les codes de l’autre et s’adapter afin de mieux se comprendre, ensemble. La communication interpersonnelle et la programmation neuro-linguistique sont donc indispensables pour pouvoir construire un bon lien.

Pourquoi la communication non verbale a-t-elle autant d’impact sur notre interlocuteur ?

Entre ce qu’on pense dire,  ce qu’on dit, ce qui est compris, ce qui est vraiment écouté... 80% du message, c’est de la communication non verbale. Je peux raconter une histoire de tartiflette, si vraiment je mets les formes, la voix etc, mon interlocuteur va s’en souvenir toute sa vie alors que si je raconte l’histoire la plus passionnante du monde avec un ton monocorde et sans faire de pause, la personne ne retiendra rien de ce que j’ai dit. Les silences, les gestes, savoir bouger son corps, c’est essentiel pour bien communiquer. Si une personne est toute rouge, passe ton temps à s’excuser, la tête entre les jambes, tout le monde va l’accuser de menteur et les gens auront raison ! Par contre, si elle raconte un mensonge avec aplomb, en étant sûre de ce qu’elle dit, 80% des personnes vont la croire ! La manière avec laquelle on transmet un message, la forme et le fait de le vivre pleinement, a un impact considérable sur la compréhension de ce dernier.

Mais alors, au téléphone, qu'en est-il de la communication non verbale ?

J’ai fait 10 ans de radio, 5 ans de télé et en fait, même s' il y a l’image à la télé, il est beaucoup plus difficile de faire passer une émotion par rapport à la radio parce qu’on est plus bridé et on arrive moins à bouger. A la radio, le non verbal et le para verbal ressortent énormément. Sourire quand on parle, ça s’entend ! Donc finalement, on ressent quand même le non verbal même si on ne voit pas la personne. C’est pour cette raison qu’il est important de s’adapter. Personnellement, dans mon travail, en tant que maire adjoint d'Annecy, c’est ce qu’il se passe tous les jours. Nous n’avons pas les mêmes codes. Avant, je faisais des réunions de 15 minutes et bien ici, elles durent 2 heures. Alors est-ce que c’est mieux ou moins bien, ce n’est pas ça la question. Nos codes sont différents et je dois m’adapter en permanence aux profils des personnes qui m’entourent pour essayer de créer du lien et d’avancer ensemble. Parce que si je dis “non mais moi j’ai l’habitude de faire comme ça et c’est comme ça ou rien du tout”, il ne se passera rien.

3. La communication interpersonnelle au travail

En quoi une bonne maîtrise de la communication interpersonnelle peut-elle être utile pour travailler en équipe ?

Une bonne communication interpersonnelle est la clé pour créer du lien les uns avec les autres et surtout créer ce bon lien, celui qui nous permet d’avancer, ensemble. Les boîtes qui arrivent à créer des relations solides entre collaborateurs  aujourd’hui, ce sont celles où il fait bon vivre, où les gens sont moins en arrêt maladie, où ils produisent mieux et surtout sont plus heureux. La finalité du travail, c’est tout de même de pouvoir vivre décemment de ce que nous faisons, ce n’est surtout pas de rendre les gens malheureux ou de les rendre mourant à 55 ans. Selon moi, la création de ce lien peut être utile pour atteindre plus facilement les objectifs de l’entreprise mais c’est aussi et surtout un moyen de bien-être personnel. L’Homme est fait pour vivre en société, pour avoir du lien social et ça se construit aussi au travail. Sans la création de ce dernier, il y a un mal-être profond qui se crée. D’ailleurs, c’est ce qui se passe en ce moment avec la crise sanitaire, il y a moins de lien social et les collaborateurs ne se sentent pas bien. Les étudiants, c’est la même chose. 

Si vous deviez donner 3 conseils pour mieux communiquer, quels seraient-ils ? 

Approfondir la connaissance de soi dans sa manière d’établir du lien : comment est-ce que je communique  avec quelqu’un ? Il faut prendre du recul sur ce point pour ensuite réussir à adapter sa façon d’être en fonction de son interlocuteur. 

Savoir reconnaître l’autre : si c’est quelqu’un de timide ou si c’est quelqu’un de très autoritaire, c’est important d’apprendre à connaître ses codes afin d’adapter son discours pour bien établir le lien.

Et enfin, s'entraîner à s’adapter de plus en plus à l’autre.

Avez-vous déjà coaché des dirigeants d’entreprise en communication interpersonnelle ? Si oui, une anecdote ?

J’ai coaché un dirigeant d’une très grande entreprise française pour de la prise de parole en public. Il devait parler devant ses 240 meilleurs managers de France et je ne comprenais pas parce que je n’arrivais pas à améliorer son message. Quelque chose coinçait dans mon analyse et honnêtement, j’ai rarement coincé comme ça. Et en fait, je me suis rendu compte que sur tous ces managers, il y avait seulement 10 femmes. Le problème, c’est qu’il était macho et ne leur parlait jamais. Et finalement, le fait qu’il y ait 10 femmes l’avait complètement paralysé lors de sa prise de parole et j’ai fini par m’en rendre compte au bout de plusieurs séances.

Ma deuxième anecdote est très simple, c’était un coaching avec un grand homme politique. Nous avons fait notre debrief de séances dans un bar et là, on a perdu toute communication interpersonnelle… L’alcool a eu raison de nous !