Interview de Nathalie, Nez

Interview de Nathalie, Nez

1. Votre profil nous intrigue...

Pourriez-vous vous décrire en 3 mots ?

Je me décrirais comme étant singulière, passionnée et curieuse.

Pouvez-vous nous en dire plus sur votre parcours ?

À 18 ans, je suis allée à Grasse étudier mon futur métier dans une école iconique, Roure Bertrand Dupont, aujourd’hui appelée Givaudan, le numéro 1 mondial de la parfumerie. Puis, je suis partie à Paris, puis à New-York durant 4 ans, et je suis revenue m’installer sur la butte de Montmartre.

Depuis plus de 35 ans, j’ai la chance de vivre de ma passion, ce qui est mon plus grand luxe et bonheur.

Qu’est-ce qu’un “Nez” ?

Un Nez est quelqu’un qui, avec des odeurs, arrive à écrire une histoire en parfums.

2. Devenir Nez

Qu’est-ce qui vous a donné envie de devenir Nez ?

À 15 ou 16 ans, quand j’ai senti Opium de Yves Saint Laurent, cela a été une révélation pour moi et je n’ai eu de cesse de vouloir devenir parfumeur. J’étais dans la rue et je n’arrivais pas à croire que ce que je sentais était aussi beau et fort. C’est le parfum qui est à l’origine de ma vocation. Il y a eu un avant et un après, qui m’a sensibilisé à l’esthétisme du parfum.

Comment avez-vous développé ce talent ?

J’imagine que je devais avoir une sensibilité plus exacerbée que la moyenne, mais mon nez s'est développé avec des années de travail, pour apprendre les différentes odeurs et combinaisons. L’origine de ce talent vient donc à la fois d’un don mais aussi de beaucoup de travail.

3. “Nez”, comment en tirer parti ?

Quels sont les atouts d’un profil tel que le vôtre pour les grandes marques ?

Mon expérience, ma passion, ma technique et peut-être mon goût pour me tourner vers des chemins moins explorés.

Comment cultivez-vous cet atout ?

Quand je travaille pour un projet, j’aime répondre à la demande du client en apportant une autre vision. Ça me permet de me renouveler et de découvrir d’autres facettes.

Je suis « une éponge », tout m’inspire mais la nature est une source évidente d’inspiration. A Bagatelle, il y a plus de 300 roses avec des formes, des couleurs et des odeurs toutes différentes. La nature est incroyable.

Quelles sont vos plus belles réalisations ? Pour quelles marques ?

L’Eau des Merveilles d’Hermès, un ovni qui est devenu un classique. Et évidemment, toutes les marques de niches pour lesquelles je travaille en indépendance telles que Sous le Manteau, Maison Crivelli, L’Orchestre, Nomenclature et tant d’autres.

Comment les rendez-vous uniques ?

En leur donnant plus de relief et de personnalité. Je préfère des parfums qui ont une forte personnalité et qui vont plaire à certains, plutôt que de travailler une note et la délaver pour qu’elle plaise à tout le monde et finalement personne. Je cherche à transmettre de l’émotion.