Le pouvoir de la gentillesse au travail

Le pouvoir de la gentillesse au travail

Ce qui permet surtout à une entreprise de bien fonctionner aujourd’hui, ce sont les hommes, l’équipe. Le travail “en solo” n’existe presque plus. Alors pour bien collaborer, il est important de créer un climat de confiance, de bienveillance. C’est la raison pour laquelle la gentillesse est un atout au travail. Elle n’est plus synonyme de vulnérabilité ou de naïveté, mais elle est bel et bien un levier de réussite. 

La méchanceté n'est plus à la mode

Le contrôle à outrance ne fonctionne plus

Comme l’explique Isaac Getz, conférencier, professeur à l’ESCP et auteur de différents ouvrages à succès, une entreprise doit reposer sur un climat de confiance, dans lequel les collaborateurs peuvent s’exprimer librement. 

Ces dernières années, les fondamentaux derrière l’organisation ont été revus. La crise sanitaire a même permis aux dirigeants, de réaliser qu’il était important de lâcher du lest, de faire preuve de davantage de souplesse. Souvent, les salariés sont infantilisés par la façon dont l’entreprise gère leur organisation au travail : à quel moment ils peuvent prendre leur congés, quand est-ce qu’ ils peuvent faire leurs pauses, etc. Les managers doivent accorder davantage d’autonomie à leur équipe, voire réduire l’effet de hiérarchie, car plus il y a d’horizontalité dans le management, plus les collaborateurs se sentent épanouis. Cela ne signifie pas qu’il ne doit plus y avoir de cadre. Simplement, les règles mises en place dans l'entreprise doivent garantir la liberté de chacun 🕊. C’est le concept de l’entreprise “libérée” expliqué par M. Getz. Elle consiste à laisser les salariés prendre des initiatives librement, à favoriser l’horizontalité, la confiance, et elle permet aux collaborateurs d’exprimer leurs talents 💪🏻

Le contrôle à outrance ne fonctionne plus dans le management, mais il ne fonctionne plus non plus dans les relations avec les autres parties prenantes de l’entreprise. M. Getz l’explique à travers le terme d’entreprise “altruiste”, qui accorde une attention toute particulière à ce qu’il se passe à l’extérieur de l’ organisation. Son objectif est d’aller vers le bien commun et de s’investir de manière inconditionnelle auprès des interlocuteurs externes. Il donne l’exemple du groupe LSDH, entreprise spécialisée dans le conditionnement de liquides alimentaires, qui a créé gratuitement une maison pour les routiers. Le PDG a uniquement agi pour le bien commun, il n’y a pas eu d’enjeu financier direct. En permettant aux routiers de mieux dormir,  les livraisons se passent mieux. L’intérêt est double : améliorer le bien-être des parties prenantes, tout en améliorant  le service fourni par l’entreprise. C’est ce type de société qui attirera de bons talents.

La méchanceté ne séduit pas les talents

La méchanceté ne mène pas à la réussite. Certaines phrases comme : "On n’est pas là pour faire du social" ou encore "Il est gentil mais ce n’est pas une flèche" en disent long sur l’état d’esprit de certaines entreprises... Ce n’est pas de cette manière qu’elles pourront attirer les talents. Au contraire, elle risque de se retrouver citée dans les commentaires virulents d’un Glassdoor 👹 Une start-up bien connue du secteur bancaire en est un bon exemple. Cette entreprise, bien que très séduisante sur le papier, semble faire vivre un enfer à ses salariés. D’après les innombrables commentaires négatifs apparaissant sur le site d’évaluation, les expériences vécues par certains salariés sont terrifiantes : “Un des deux dirigeants a déjà interdit aux employés de dire bonjour aux autres, cela prenait trop de temps”, “interdiction d’écrire en message privé sur Slack”, “un environnement de travail toxique”... Voilà ce qu’on peut y lire par exemple. Il y a d’ailleurs un taux de turnover sans précédent dans cette entreprise.  La faute à qui ? A des dirigeants ayant semble-t-il oublié toute notion de gentillesse...

À contrario, lorsqu’une entreprise est bienveillante, tout lui sourit. Les candidats se rallient vite à sa cause, tout comme les investisseurs, et les clients. Si dans une entreprise, il ne fait pas bon vivre, cela se ressent très rapidement et c’est souvent lié à la mentalité des dirigeants. Des managers drivés uniquement par l’argent ou le pouvoir, feront peser une ambiance délétère sur les équipes, et ce climat de stress finira souvent par faire fuir les talents volontairement, ou à cause d’un burn out. 

La méchanceté fait échouer

Paul Graham, fondateur de Y Combinator, souligne depuis longtemps le succès récurrent des start-ups ayant des gens bons comme fondateurs. Il n’est pas le seul. En 2018, l'institut Statista a élaboré un palmarès des 500 meilleurs employeurs de France. Ils ont enquêté sur la politique de ressources humaines mais aussi les conditions de travail, la parité hommes-femmes, la bienveillance, l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée etc. D’après l’enquête, le groupe Auchan, le cabinet d’audit BDO et Thalès sont les employeurs les plus bienveillants, et cela a un impact direct sur leur santé financière. La preuve, Auchan a continué à générer de la croissance pendant la crise sanitaire, grâce à la justesse de ses axes décisionnels et de ses engagements.  

Paul Graham a aussi souvent fait remarquer que les mauvaises personnes à la tête de start-ups avaient plus tendance à échouer que les autres. Il ne faut pas faire de généralité cependant, car comme il le souligne lui-même, les barons de la drogue réussissent bien en étant méchants... 😉 Nous vivons dans un monde où la méchanceté peut être très vite diffusée, par les réseaux sociaux notamment... Malgré tout, il reste très compliqué de prendre les bonnes décisions, celles qui apportent réussite et bien-être, en ayant de mauvaises intentions (les barons de la drogue finissent souvent avec une balle dans la tête…) 🔫 Autrefois, le succès était synonyme de terreur et de contrôle des ressources, mais aujourd’hui, on ne se bat plus pour posséder quelque-chose à tout prix, on cherche davantage à créer des entreprises qui permettront d’apporter de la nouveauté, du progrès à la société, et bien sûr au passage un confort personnel pour leurs dirigeants. Paul Graham explique que ceux qui ont réussi et marqué l’histoire ne sont finalement pas ceux qui ont été cruels et sévères, mais plutôt les pacifistes : des philosophes, des écrivains ou encore des mathématiciens 📚Ce sont les intellectuels qui ont transmis ces valeurs et qui inversent la relation entre la méchanceté et le succès. Ce sont eux dont on se souvient.

Etre gentil, la formule du succès

La gentillesse, n'est pas synonyme de naïveté

Trop souvent encore, nous associons la gentillesse à de la naïveté ou de la faiblesse d’esprit 🦄 Beaucoup d’expressions nous confortent dans cette idée comme : “trop bon, trop con” par exemple. Pourtant, une personne peut bien être gentille et ne pas se laisser berner. Être gentil, ce n’est pas tout accepter sans s’interroger, ce n’est pas se laisser manipuler, ou se faire marcher sur les pieds. Quelqu’un de naïf, est quelqu’un qui dit oui à tout ou se laisse maltraiter par les autres. C’est une personne gentille certes, mais surtout naïve. Un naïf est souvent gentil, mais un gentil n’est pas forcément naïf… 

D’autant plus que la naïveté énerve les gens, alors que la gentillesse les rend bons. Le “gentil” voit le bon en chacun et a des attentions bienveillantes 😇 Il sait faire face aux comportements négatifs. Evidemment, en entreprise, il est nécessaire de poser un cadre et des règles strictes. Cependant, on peut être respecté en étant bienveillant, prévenant, et en faisant preuve d’empathie vis-à-vis des autres.

L’effet de la gentillesse en entreprise est formidable. C’est un véritable levier d’épanouissement pour les collaborateurs, le positif attire le positif ! La gentillesse donne envie aux équipes de s’investir, d’aller vers le bien commun ⭐️ C’est le plaisir de faire ensemble. La cohésion qui émane de la gentillesse drive l’action. Cela ne fonctionne que pour les “vrais” gentils en revanche. Dans ce domaine, les masques tombent vite et il faut pouvoir prouver son authenticité au quotidien. Il est également important de garder à l’esprit que la gentillesse de façade, celle qui nous fait dire que “tout va bien” alors que ce n’est pas le cas, ne permet pas l’épanouissement et le progrès...

Être bon, pour prendre les bonnes décisions

La bonté, ce n’est pas tout laisser passer, c’est faire les choses correctement, avec morale. La bienveillance devrait toujours guider les actions des dirigeants afin de trouver le bon équilibre. Le travail, c’est souvent des montagnes russes émotionnelles et il faut être armé pour faire face aux échecs. Imaginez Mike, Manager d’une équipe de 10 personnes. A cause du Covid, un projet qu’il menait depuis 2 ans est annulé. Très déçu, il laisse ses émotions le submerger. Dans la colère, il finit même par reprocher cette annulation à son équipe : “Si on avait mieux travaillé, on aurait lancé le projet bien avant le covid. On est vraiment des bras cassés…” 🤯 Productif ? Non, mauvaise idée. La méchanceté ne permet jamais aux managers d’être de bons managers. L'équipe de Mike a vécu cette déception elle aussi. Au lieu de se tourner vers eux, de faire bloc, il a fait preuve d'égoïsme et a extériorisé son mal-être sur eux. Résultat, la moitié de l’équipe a démissionné le mois suivant et le restant a totalement perdu en efficacité à cause du mauvais climat ambiant. Ça peut aller très vite…

Selon le courant de Palo Alto, qui prône le respect et la confiance, respecter quelqu’un c’est d’abord le voir comme un être humain et non comme une fonction 👤 Paul Graham part du postulat que l'entreprise a pour mission d’aider les gens et d'aller vers le bien commun. Si une organisation va dans ce sens, cela donne une bonne start-up... Un exemple parlant : l’entreprise Blablacar est née d'une belle idée, celle de permettre à tous de se déplacer à moindre coût, grâce au covoiturage. La volonté à la base de l'entreprise est bonne, et l’entreprise performe extrêmement bien...

Le pouvoir du “merci”

Lorsqu’on est enfant, on nous demande souvent de répéter les mots magiques : “S’il te plait” ou “merci” ✨ Le légendaire “merci” est même devenu l’un des mots les plus répétés au monde, avec le très convoité “Comment ça va ?”... 

Le mot “merci” est le feedback le plus commun en entreprise. Il est même parfois utilisé à outrance, voire galvaudé. C’est le cas lorsqu’il est utilisé par réflexe ou politesse mais sans être pensé. Par exemple, “Merci de bien vouloir me renvoyer votre travail.”. Ce type de communication installe le récepteur dans une position inconfortable ou de faiblesse. Certains “merci” peuvent devenir destructeurs : “Ah bah merci Jules, grâce à toi, on va devoir tout recommencer”. D’autres sont autoritaires : “Merci de me mettre en copie la prochaine fois !”. Le “merci” est donc à utiliser avec bienveillance et respect ! C’est là toute la difficulté 😉

D’autant plus que remercier (de manière convenable) ses collaborateurs, a un réel impact sur le bien-être des uns et des autres. La reconnaissance au travail est essentielle pour l’estime de soi et le bien-être en entreprise 💆‍♀️ Remercier régulièrement ses collègues est très important, mais il est aussi primordial d’approfondir son message. Par exemple, dire : “Merci Justine, tu as été d’une grande aide, je maîtrise beaucoup mieux le sujet grâce à toi.” aura beaucoup plus d’impact qu’un simple “Merci beaucoup Justine”. Il faut apprendre à exprimer son ressenti, pour montrer à l’autre l’impact qu'a eu son aide. 

Que l’on soit celui qui remercie ou celui qui est remercié, ce signe de reconnaissance provoque du bien-être. Alors, pourquoi ne pas se faire du bien et instaurer plus régulièrement des sessions de remerciements en équipe ?

Un climat de confiance et de bienveillance est essentiel pour rendre les collaborateurs d’une entreprise épanouis et productifs. A bas la méchanceté ! La gentillesse est la clé de la réussite des beaux projets de demain 💙

Et merci beaucoup pour votre lecture, ça nous fait vraiment plaisir 🙏